PPE 2019 : la place du solaire thermique


Le solaire thermique, secteur qui n’a pas réussi à atteindre les objectifs de la dernière PPE, se voit aujourd’hui présenter de nouveau objectifs. Quels sont-ils ? Comment la filière se porte-t-elle ? Orygeen décrypte pour vous la part qui est faite au solaire thermique dans la PPE 2019.

La situation actuelle du solaire thermique

Le solaire thermique sert essentiellement à la production d’eau chaude sanitaire, à l’alimentation d’un appareil d’eau chaude sanitaire ou à la production conjointe d’eau chaude sanitaire et de chauffage. A la différence du photovoltaïque, cette source d’énergie ne sert pas à produire de l’électricité.

La France comptait en 2016 un parc de 2,2 millions de m2 de surface installée représentant une production totale de 1,17 TWh/an, avec 54% de la surface installée destinés au secteur résidentiel, 43% au tertiaire et 3,5% à l’industrie et à l’agriculture.

Bien que l’hexagone soit le 5e pays européen en termes de gisement solaire, nous n’avons pas réussi à tenir les engagements que nous avions pris lors de la dernière PPE : les résultats ont même été 3 fois inférieurs à ceux attendus.

On comprend qu’il y a donc un vrai enjeu à déployer l’activité du secteur, d’autant plus que la période 2013-2015 a vu une baisse de 28% des emplois liés à cette énergie renouvelable. C’est en effet d’autres ENR moins coûteuses qui ont principalement été choisies pour remplir les conditions de la RT 2012 (pour atteindre le minimum attendu de 5kWh/m2 d’énergies renouvelables).

Les objectifs de la PPE 2019

Les objectifs de la PPE pour 2023 sont clairs : le solaire thermique doit progresser en France. L’objectif est de multiplier par 5 à 9 la surface en m2 des capteurs disponibles sur la période 2016 – 2023.

L’objectif bas est de 3,1 TWh, l’objectif haut de 4,6 TWh de puissance installée pour 2023, soit 100 000 m2 installés dans le secteur du bâtiment et 150 000 m2 par an dans le secteur de l’industrie.

Pour 2028, les objectifs correspondent à̀ l’installation de 150 000 m2 à 350 000 m2 par an dans le secteur du bâtiment (dont 70 % dans l’individuel, sur la base d’un fort développement des systèmes solaires combinés) et un parc de 300 000 m2 dans l’industrie (ce qui correspond à environ 100 centrales solaires).

Les mesures fortes du projet

Dans l’individuel :

  • Augmenter le soutien de l’État aux dispositifs solaires thermiques (SSC, CESI…) dans le cadre du recentrage du CITE sur les travaux les plus efficaces ;
  • Développer un kit de communication sur l’intérêt du solaire thermique dans l’individuel, pour que les dispositifs solaires soient mieux armés pour promouvoir cette solution.

Dans le collectif, le tertiaire et l’industrie :

  • Prolonger l’appel à̀ projets du fonds chaleur pour les grandes surfaces solaires thermiques pour 3 ans minimum et revoir les critères d’évaluation des projets d’ici 2019 ;
  • Permettre des aides du fonds chaleur à la réhabilitation d’installations défaillantes (audit de dimensionnement, instrumentation des performances, montée en compétences, subvention sous condition, par exemple si aucun soutien déjà̀ accordé sur l’installation ou si un CPE est envisagé́) ;
  • Simplifier et uniformiser l’attribution des aides Fonds chaleur pour le solaire thermique dans le neuf d’ici 2019 dans l’attente de la future réglementation thermique ;
  • Prendre en compte l’alimentation des réseaux de chaleur fin 2018 par du solaire thermique.
  • Intégrer dans les audits énergétiques des grandes et moyennes entreprises une évaluation technico-économique de la production de chaleur solaire (ou géothermique) ;
  • Développer une communication sur l’intérêt du solaire thermique pour le secteur agricole ;
  • Diversifier le rôle des animateurs bois énergie dans d’autres technologies comme le solaire thermique et la géothermie.

Notre commentaire

La PPE laisse entrevoir un futur plus optimiste pour le solaire thermique. Les mesures pour favoriser le développement de cette source d’énergie solaire permettront-elles de faire enfin décoller cette solution ou restera-t-elle dans l’ombre de son grand frère photovoltaïque ?