Comment nos enfants vont-ils pouvoir atteindre nos objectifs de réduction de CO2 ?

Publié le 18 Novembre 2019

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Futures générations et enjeux planétaire

Bientôt 4 ans après la signature de l’accord de Paris, on ne peut que constater une concentration de dioxyde de carbone record en 2019. L’accord prévoit pourtant de “parvenir au plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais […] et à opérer des réductions rapidement par la suite”.  Plus nous atteindrons ce plafond tard, plus les efforts à fournir pour limiter l’impact des activités de l’homme sur le climat, déjà conséquents, seront importants. Comment les futures générations vont-elles gérer cet enjeu planétaire ?

Les limites de l’accord de Paris

Né de la COP 21, l’accord de Paris est le premier accord international sur le climat. Il a été signé le 22 avril 2016 par 197 pays et est entré en vigueur le 4 novembre 2016. Parmi les pays signataires, 183 l’ont ratifié, s’engageant ainsi à mener des actions pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés celsius et parvenir idéalement à le maintenir à 1,5 degré celsius par rapport à l’ère pré-industrielle (avant 1878). 

L’accord de Paris n’est cependant pas contraignant : il n’y a aucune sanction prévue pour les pays qui ne respectent pas leurs engagements. C’est ainsi que les États-Unis ont par  exemple pu se retirer de l’accord de Paris le 1er juin 2017 sans que les autres pays signataires ne puissent faire quoi que ce soit.

Des émissions de CO2 qui battent des records

Si l’accord de Paris ne mentionne en outre aucune réduction chiffrée des émissions de gaz à effet de serre, le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) estime qu’un maintien du réchauffement global sous 1,5 degré celsius passe par une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 70 à 80 % avant 2050.

Or, selon des prélèvements effectués à l’endroit le plus froid de la terre, des chercheurs sont  arrivés à la conclusion que le taux de concentration de dioxyde de carbone du début de l’année 2019 était à son plus haut niveau depuis 3 millions d’années. Supérieur à 400 pm, le taux actuel de CO2 est ainsi comparable à celui de l’ère du Pliocène, période durant laquelle les températures étaient 3 à 4 degrés plus élevées, et le niveau de la mer plus haut de 15 mètres qu’aujourd’hui. 

La tendance actuelle nous mènerait donc directement à une augmentation des températures de 3 degrés celsius. Il faudrait que les états signataires multiplient leurs efforts par trois pour rester sous la barre des 2 degrés celsius et par 5 pour atteindre l’objectif des 1,5 degré celsius.

Le budget carbone et l’”injustice intergénérationnelle”

Limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré celsius implique de réduire drastiquement la quantité totale d’émissions de carbone d’ici à la fin du siècle. Il existe cependant différentes façons de calculer la quantité que nous pouvons produire, notre “budget carbone”.

Carbon Brief, un media britannique de référence sur les enjeux climatique, a mis en place un outil permettant d’estimer le budget carbone dont une personne dispose selon son année et son lieu de naissance, mais toujours sur la base d’une espérance de vie de 85 ans. Chacun peut ainsi calculer le nombre de tonnes de CO2 qu’il pourra émettre au cours de sa vie. 

Pour respecter l’accord de Paris, un enfant né aujourd’hui devra ainsi émettre 5 fois moins de CO2 que ses parents et plus de 8 fois moins que ses grands-parents pour atteindre l’objectif des 1,5 degré celsius.

Par exemple, des grands-parents nés en France en 1945 ont utilisé un budget de 581 tonnes de CO2 tandis que leur petit-fils né en 2016 ne disposera que de “seulement” 75 tonnes au cours de son existence. Cet enfant pourra donc émettre moins d’une tonne de CO2 par an. En effectuant un seul vol Paris / New-York, un passager en consomme aujourd’hui déjà 1 tonne.

La génération Z et le climat 

Plusieurs théories s’opposent sur la répartition du budget carbone sur la planète. 

Le IAMs (Integrated Assessment Model’s) est un modèle qui s’appuie sur des critères physiques, économiques et sociaux pour produire une information utile aux décisions futures. Il permet notamment de déterminer l’allocation de budget carbone d’un pays

Selon ce modèle, une personne née aujourd’hui aux États-Unis disposera un budget carbone 15 fois plus important qu’un enfant né en Inde, ce qui pose une évidente question d’équité. 

Et pourquoi ne pas partager le budget carbone de manière égale entre tous les pays ? Evidemment, dans ce cas, le budget CO2 des États-Unis s’effondreraient totalement alors que celui de l’Inde augmenterait considérablement…

Un engagement déjà planétaire

Les jeunes générations, mais aussi leurs parents, prennent de plus en plus conscience du rôle qu’ils ont à jouer dans cette transition. Les entreprises, qui pèsent 65% de l’énergie consommée dans le monde, ont également les clés de la lutte contre le changement climatique. Certaines sont déjà proactives sur le sujet et se sont engagées publiquement sur des objectifs ambitieux à court et moyen-terme.

Elles ont en effet compris que c’est aujourd’hui le meilleur moyen d’attirer des clients, des jeunes talents, de plus en plus exigeants et conscients de l’impact environnemental de leur entreprise ou des produits/services qu’ils consomment, mais également d’anticiper la probable hausses des prix de l’énergie dans les années à venir.

Il est déjà aujourd’hui économiquement viable de s’approvisionner ou de produire son énergie renouvelable, ou même d’agir sur son efficacité énergétique, sans subvention.Dans ses toutes dernières prévisions annuelles mondiales, l’IEA explique même que l’impact du développement des énergies renouvelables pourrait être plus fort que les changements de comportement des consommateurs.

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